Dring, Dring. Son réveil coloré jusqu'à la prise de rose sonne. Il la réveille. Forcément, elle est belle dès 10heure du mat'. Elle accoure à la douche tout en embrassant son yorkshire vêtu d'un pull burberry. Faut pas qu'il ait froid le pauvre. Une douche d'une demi heure, des cheveux lissés jusqu'à la pointe, d'une couleur unie et flamboyante, une tenue littéralement accordée mais pourtant peu personnifiée sur elle, elle est prête à partir. Quelques pas à peine, et déjà une connaissance sur son chemin. Oui connaissance ça sonne mieux, elle est trop bien pour être l'amie de tout le monde, en d'autre termes, de n'importe qui. On se fait la bise, délicatement, sur la joue droite, puis la gauche. Et hop, elle repart du haut de ses talons hauts lui donnant l'allure d'une femme alors qu'elle souffle tout juste sa quatorzième bougie. Mon dieu ce qu'elle est chic, elle porte du Chanel! Quoi de plus normal vous me direz. Elle ne contemple pas Madeleine, elle regarde. En revanche, d'un regard ébahit, elle admire Gucci. Ce matin, c'est Abercrombie . Elle y va doucement cette fois, cette après-midi c'est l'Avenue Montaigne. Un café, sept huit marlboro light et quelques lignes de Vogue. Seule chose qu'elle est capable de lire, si l'on peut considérer cela comme étant de la lecture. Elle critique chacune des mannequins. Oui, elles sont trop grosses. Le métro n'est pas pour elle, elle compose le numéro de son taxi personnel. Il arrive en moins de deux minute, c'est déja trop. Direction Wagram, elle a quelques têtes à voir. Sa chevelure blonde au vent aveugle plus d'un passant. Elle n'y porte aucune attention et continue son chemin. Clac, clac. Ses talons résonne dans tout le café. Tout le monde la reluque; elle a l'habitude la petite. Puis vient l'heure de déjeuner, on va chez Maxim's? G7, direction concorde. 18heure, 5 ou 6 sacs en mains, elle se décide à les déposer à l'appartement. Elle repart direct, pas question de passer plus de 10 minutes chez soi un samedi! Elle en profite pour mettre sa dernière robe Chanel ne dépassant pas les hanches, le décolleté plongeant dévoilant la majeure partie de sa poitrine quasi inexistante. La chirurgie, c'est pas avant 16 ans. Des talons encore plus hauts, sa plante des pieds souffre, elle le cache si bien. C'est fou ce qu'elle est douée. Un verre de Martini pour la demoiselle! On repart sans payer, on est trop biens pour ça. Le fric, c'est pour la C. Elle tape, elle tape. Les toilettes du café la connaissent. Poudre blanche, herbe, rien ne lui échappe. On reprend un verre. On ne s'arrête plus. On se retrouve sur un trottoir le dimanche matin, les bas effilés, la robe déchirée, le string en moins. Elle baise trop la petite.
